Le capitaine René GIRARD

 

Né le 9 novembre 1911 à CAHORS, René Jean-Marie GIRARD est, comme son frère André, bachelier au lycée Gambetta ; il est licencié en droit de l'université de TOULOUSE.

Breveté de la Préparation Militaire Supérieure, il est appelé au service actif le 1er octobre 1932 et rejoint le 15ème Régiment d'Infanterie Alpine où il sera nommé sous-lieutenant et démobilisé un an plus tard le 30 septembre 1933. 

Marié, employé au contrôle des domaines à MAZAGAN (Maroc), il est mobilisé en 1939 et est affecté au 1er Goum à RABAT du 1er mai 1940 au 21 août 1940. Suite à la mobilisation générale décrétée en Afrique du Nord par le général GIRAUD, René GIRARD est rappelé sous les Drapeaux le 2 avril 1943 ; il est affecté à l'administration des affaires indigènes de RABAT (jusqu'au 31 mai) puis de FEZ. Le 16 août 1943, il est reversé dans le 2ème Groupement de Tabors Marocains, d'abord au 69ème Goum jusqu'en février 1944 puis au 34ème Goum jusqu'en avril 1944 où il est envoyé en renfort au Corps Expéditionnaire Français en Italie.

   

Insignes du 1er Goum Mixte et du 2ème Groupement de Tabors Marocains

En mai 1944, René GIRARD est affecté dans un dépôt des goums à POZZUOLI jusqu'au 14 août 1944 ; il débarque en Provence le 16 août 1944 et participe à la libération de la France tout au long de la route Napoléon et jusqu'à la trouée de BELFORT avec le 74ème Goum (15ème tabor - 2ème G.T.M.) et l'armée B (future 1ère Armée française). Il est blessé à l'épaule droite le 6 octobre 1944 dans la forêt de LONGEGOUTTE (Vosges) par une balle explosive et doit être hospitalisé à LYON.

Reconnu invalide à 20%, il est relevé et renvoyé au Maroc où il est nommé chef du bureau des affaires indigènes de MARRAKECH en février 1945. Il est démobilisé le 31 août 1945 au grade de capitaine et reprend ses activités au service central des domaines à RABAT. Il achèvera sa carrière comme conservateur des hypothèques et expert auprès des tribunaux.

Chevalier de la Légion d'Honneur et officier de l'ordre chérifien de l'Ouissam Alaouite (modèle ci-dessous), il est titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec deux citations à l'ordre de l'armée et du corps d'armée.

Décédé le 25 août 1995 à CAHORS, René GIRARD est inhumé le 28 août 1995 au cimetière de CAHORS-ville en présence de son épouse, de sa famille et de ses camarades anciens de "Rhin et Danube" et du Corps Expéditionnaire Français en Italie.

 

Décision N° 158

"Sur proposition du ministre de la Guerre, le président du Gouvernement Provisoire de la République Française, chef des Armées, cite :

À l'ordre de l'Armée

le 2ème groupe de tabors marocains

Unité marocaine de la plus haute valeur guerrière, déjà citée à l'ordre de l'Armée en Tunisie et en Corse. Sous les ordres du Colonel BOYER DE LA TOUR, s'est signalée à l'île d'Elbe, en réussissant dans des conditions extrêmement difficiles, un débarquement sur une côte fortifiée et puissamment défendue. Malgré de lourdes pertes, a pris une part importante à la conquête de l'île, faisant plus de 600 prisonniers.
S'est montrée, en France, à la hauteur de son brillant passé. Débarquée le 20 août 1944 sur une dizaine de plage différentes dans la région de Saint-Tropez, et engagée dès le lendemain à 120 Km de là, devant Aubagne, a enlevé la ville en moins de deux jours d'une lutte sévère et meurtrière. A poussé ensuite sans désemparer sur Marseille, forçant du 23 au 28 août les défenses des faubourgs de la cité qui lui étaient opposées, et conquérant successivement, par une série de manœuvres hardies et d'assauts allant jusqu'au corps à corps, Saint Marcel, Saint Lo
up, la chaîne de Saint Cyr, le Roucas Blanc, le parc Borély, Endoume, la Malmousque et le fort Saint Nicolas. En huit jours de combat, a fait 4.009 prisonniers, dont un général, trois colonels et 104 officiers.

 

Fait à Paris, Charles de GAULLE."

Décision N° 278

"Sur proposition du ministre de la Guerre, le président du Gouvernement Provisoire de la République Française, chef des Armées, cite :

À l'ordre de l'Armée

le 2ème groupe de tabors marocains

 

Magnifique groupe de tabors qui, après s'être couvert de gloire en Tunisie, en Corse, à l'Ile d'Elbe, à Marseille, s'est de nouveau distingué sous le commandement du Colonel BOYER DE LA TOUR au cours des durs combats livrés sur le front des Vosges par la 3ème DIA du 5 au 20 octobre.
Engagé du 5 au 17 octobre dans la forêt de Longegoutte et dans la vallée de la Moselle, afin de dégager des unités séparées de nos gros par une violente contre attaque, il se lance à l'assaut avec sa fougue habituelle. Dans de furieux corps à corps, il s'empare de la ligne des crêtes dominant au nord Ferdrupt. Simultanément, appuyé par un détachement blindé, il atteint les lisières de Ramonchamp. Engagé de nouveau dans la région de Saulxures, il a rejeté l'ennemi du Droit de Cornimont et, malgré des tirs violents et précis de l'artillerie et des mortiers ennemis, dévale les pentes de la Moselotte, franchit cette rivière en amont de Cornimont, nous assurant ainsi la base de départ indispensable à la conquête du Haut du Faing. Ayant perdu la moitié de ses officiers au cours des combats de Marseille et des Vosges, n'en a pas moins maintenu jusqu'au bout son ascendant sur l'ennemi, infligeant à celui-ci des pertes extrêmement sévères. Les présentes citations comportent l'attribution de la Croix de Guerre avec palme.

 

Fait à Paris le 8 janvier 1945. Charles de GAULLE."

 

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